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Les professionnels du bâtiment le savent bien : contrairement à la production en usine, chaque construction est en soi un prototype. Elle nécessite des adaptations et des initiatives. En fin de compte, c’est toujours de la pratique quotidienne que naissent les meilleures idées et les meilleures règles de mise en œuvre. En effet, rien ne vaut l’expérience du chantier.

Où poser la première lame ?

La pose parallèle à la façade.

Il est très rare que le mur extérieur de la maison soit rigoureusement droit. Dans la plupart des cas, la lame au pied de la façade doit être ajustée (délignée) pour compenser le défaut de rectitude. Pour éviter d’avoir à déligner une deuxième lame à la fin du montage (il faut bien composer avec la fin de la structure), il est fortement conseillé de poser la première lame au bord extérieur de la terrasse, et de travailler vers l’intérieur, en direction de la façade de la maison. Bien évidemment, on veillera à ce que cette première lame soit parallèle à la ligne globale de la façade.

La pose perpendiculaire à la façade.

Le problème est moindre dans ce cas-là. Il suffira en effet de laisser 4 cm de sur-longueur au bord extérieur, de tracer un trait au fil bleu, et de couper ce qui dépasse avec la scie circulaire. La terrasse étant en général moins profonde que longue, les lignes de fuite sont moins délicates. L’important dans ce cas, c’est que la première lame soit parfaitement d’équerre avec la façade. Si l’équerrage n’est pas fiable au départ, tout est faussé. Dans ce cas, le temps de montage (voire démontage-remontage) peut rapidement être doublé, sinon plus.

Rappelons la règle des maçons : 3-4-5.
Pour former un angle droit dans un triangle de 3 et 4m de cotés, réglez l’hypoténuse à une longueur de 5m. A défaut, il reste bien sûr le théorème éternel du même Pythagore : √c2 = a2+b2.

Comment réussir lignes de fuite idéales ?

Il n’est pas aisé de réussir un alignement impeccable des lames d’une terrasse en bois, et la difficulté augmente avec la longueur de la terrasse. Pourtant ce sont précisément ces belles lignes (effet « pont de bateau ») qui expliquent l’élégance particulière de cette construction. A l’inverse, le ratage de ce point singulier saute terriblement aux yeux. La difficulté vient des différences de largeur, parfois infimes mais toujours présentes, qui se présentent dans les lames de bois. Le cumul des ces différences, lorsqu’on se contente de régler les intervalles avec des cales, débouche rapidement sur des courbes, très vilaines lorsqu’involontaires.

Comment  pallier à ce risque:

Procéder par groupes de 5 lames, qui seront simplement fixées aux extrémités, c’est- à-dire aux bords de la terrasse. Les écartements peuvent à cet endroit être définis par des cales.
Pré-percer vos lames, en utilisant une règle pour assurer l’alignement des vis. Au lieu de continuer à utiliser les cales, tendre un fil le long de la cinquième lame,régler puis fixer celle-ci bien contre le fil. Prendre ensuite un ciseau à bois, ou un autre objet pouvant faire levier, et régler chaque lame pour qu’elle présente un intervalle régulier.
Le meilleur outil pour cette opération sera votre œil. En procédant par groupes de 5 lames, dont la dernière sera toujours posée contre le fil, vous serez définitivement à l’abri de tout défaut significatif d’alignement.
Arrivé à 2m de la façade, il faudra vérifier à ne pas terminer avec une lame de 2.5 ou 3cm de large. Le cas échéant, il est possible de tricher avec les largeurs des intervalles. Cependant, il faut veiller à ne pas dépasser un millimètre de variation.

Attention : ne pas utiliser le crayon de chantier pour le marquage. La graphite marque fort et risque de rester apparent pendant des mois. La craie bleue (pour le « fil bleu » par exemple) disparaîtra tout seul au bout de deux jours.

 

Comment traiter les pièces recoupées ?

Pour les pièces de structure en bois traité, la recoupe en longueur non protégée, est exposée à un risque d’attaque fongique. Il est fortement recommandé de traiter ces endroits avec des produits préventifs efficaces. Les plus durables sont à base de bitume ou de carbonyle. Ce dernier, très efficace au demeurant, dégage une odeur forte et persistante. Une application au pinceau est suffisante.
Les lames recoupées quant à elles, gagneront à être traitées avec de la cire liquide, ou de la paraffine. Cette mesure empêchera une dessiccation trop rapide en bout de lame, avec le risque de fissures.

Traitement des coupes de bout

Le monteur inexpérimenté de la terrasse en bois panique souvent à la vue des bois qui lui sont livrés: lambourdes vrillées, solives bombées, lames en forme d’arc, etc. Bien entendu, quand les tolérances citées plus haut sont dépassées, le fournisseur est en cause et doit assurer le remplacement du matériel. Les monteurs professionnels quant à eux ont l’habitude de ces situations. Bien souvent, ils n’ont pas d’autre choix que de composer avec les moyens du bord. Les déformations légères sont corrigées en général par le serre-joint, ou un simple ciseau à bois, faisant levier entre deux lames.
Quand elles sont plus sévères, le monteur sera tenté de forcer la pièce en utilisant des sangles ou des bras de leviers. Mais la tension ainsi créée se révèlera tôt ou tard ; les vis ne contiendront la déformation que temporairement.
La solution consiste ici à interrompre les fibres pour que celles-ci offrent moins de résistance au redressement. Il faut inciser le bois.
Cette opération se fait à la scie égoïne ou à la scie circulaire. Pour les pièces de structure, la coupe se fait à travers les fibres et peut aller jusqu’à 60% de l’épaisseur de la pièce. Bien évidemment, l’incision se fait au droit d’un appui. Pour les lames de platelage, il est efficace d’ajouter des incisions le bois dans le sens de la longueur, évidemment dans la sous-face de la lame.
Ces travaux ralentissent bien sûr le rythme du montage, mais leur efficacité est immédiate et définitive.

 

Comment gérer les isolations extérieures de façades ?

Lorsqu’il s’agit de fixer la murallière destinée à reprendre le solivage d’une terrasse, on se trouve de plus en plus souvent confronté au problème de l’isolation extérieure, d’une épaisseur de 8 à 11cm, impropre à recevoir la moindre fixation. La solution la plus sûre est de remplacer l’ancrage de la murallière par une poutre sur poteau. A défaut on pourra aussi déporter la murallière au moyen de pièces spéciales, en acier galvanisé, en forme de consoles ou de double u.
Ces pièces sont directement scellées dans le béton du mur de cave par des chevilles métalliques très résistantes.
A hauteur d’étage, il y aura lieu d’évider l’isolation aux endroits du scellement, et de remplacer le polystyrène par une entretoise en bois. Il faudra veiller alors à assurer une bonne étanchéité en périphérie de ce scellement.

Comment se fixer dans les façades en moellon ou en matériau friable ?

Rien de plus décourageant que de voir la mèche de sa perceuse tomber littéralement dans le mur, et agrandir encore le trou prévu pour la cheville. La seule solution fiable pour ces cas de figure est le scellement chimique. Il s’agit de cartouches spéciales. Elles mettent en œuvre des produits à bi-composants, qui durcissent en se mélangeant (exemple : méthacrylate d’hydroxypropyle, diméthacrylathe d’éthylène, peroxyde de dibenzoyle)
Il faudra particulièrement surveiller la température ambiante pour déterminer le temps de durcissement :
+ 5° Temps de manipulation : 30 min. Temps de durcissement : 180 min
+ 40 ° Temps de manipulation : 4 min. Temps de durcissement : 25 min
Attention : Les composants de ces fixations ont une durée de vie limitée avant leur mélange. Vérifiez la date de péremption lors de vos achats.

Comment réaliser un bel arrondi ?

Tout le monde n’a pas la géométrie infuse. Et d’ailleurs dans beaucoup de cas, elle ne serait pas d’une grande utilité. Il existe un moyen très simple et efficace pour tracer ses bords arrondis :
–  Prendre une pièce de bois rabotée à 6 ou 8 mm d’épaisseur.
–  Deux personnes la présentent au-dessus de la zone concernée.
–  La pièce est déformée jusqu’à la limite recherchée.
–  Une troisième personne trace au crayon la courbe ainsi créée.
–  Le tracé se découpe à la scie sauteuse, puis les bords se poncent.

Comment stabiliser les appuis ?

Sur un terrain sablonneux par exemple, il se pose souvent la question de la fiabilité des appuis. Un parpaing par exemple, ou un plot réglable, risque fortement de se déplacer lors d’une averse violente. Encore plus, lorsque le terrain présente une pente. Des fondations en béton cependant, représentent souvent des chantiers lourds et physiques.
Pour limiter une débauche d’énergie tout en évitant tout risque, il existe depuis peu des ancres métalliques. Elles se vissent tels des tirefonds géant dans le sol. Economiques et faciles à mettre en œuvre, il suffit de deux personnes et un bastaing à la place d’une machine prévue à l’origine. Ces ancres, bien connues au Canada, sont totalement fiables.

Faut-il donner une pente à sa terrasse ?

En principe l’eau de pluie ne peut pas stagner sur la lame de terrasse. La pente dans ce cas n’apporte rien.
Cette approche devient toute relative lorsque les lames sont très larges (déconseillées, en principe) ou lorsqu’elles comportent des rainures prononcées. Au risque de créer un inconfort pour l’utilisateur, la pente à prévoir dans ces cas spécifiques ne doit pas dépasser 2%.
Au regard de l’inertie propre de l’eau (il faut une certaine masse et une certaine pente avant qu’elle ne se mette en mouvement), l’efficacité de cette mesure n’est pas spectaculaire.

Amélioration :
Pour améliorer l’évacuation de l’eau et le séchage de la lame, un profil de lame légèrement arrondi sur la largeur est beaucoup plus efficace. Avec une pente transversale de 1.3% par exemple, on obtient un arrondi à peine perceptible à l’œil. Il sera très agréable au pied et d’une efficacité suffisante. De plus, cet arrondi contribuera de manière décisive à contrer la tendance naturelle du bois à « tuiler ».

A présent, et grâce aux conseil des spécialistes grad, construire votre terrasse est un jeu d’enfant.